Étape 2 :

La Neuveville → Ile Saint-Pierre → Erlach/Cerlier

Thème : "Sur les pas de Rousseau, entre vignoble et contemplation lacustre"

Distance & durée : env. 10km, 3h00
Dénivelé : Très faible (moins de 50 m), terrain plat et bien balisé.

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Introduction

Cette deuxième étape n’est pas une randonnée, mais une pause sacrée. Ici, le temps se suspend. Le trajet commence par une traversée en bateau depuis La Neuveville jusqu’à l’île Saint-Pierre, comme une transition entre le monde agité et celui de la sérénité.
Peu de marche, peu d’effort physique : seulement l’invitation à ralentir, observer, écouter. L’île, refuge de Rousseau en 1765, est un lieu où la nature et la pensée se répondent. Les sentiers ombragés, les bancs discrets, le clapotis de l’eau…
Tout est conçu pour vider l’esprit et laisser place à l’introspection.

"Si l’on veut que je décrive le pays où je me suis fixé, il faut que je peigne mon âme. Tel est le tableau de l’île Saint-Pierre, tel il était à mes yeux, et tel il doit être pour le lecteur, s’il veut se mettre à ma place.
Une terre fertile, des collines douces, des vallons délicieux, des bois, des eaux, des villages, des montagnes au loin, un horizon borné mais varié, et partout une verdure fraîche et riante. Il n’y a point là de sites grandioses, mais une beauté touchante et riant à l’âme, une solitude pleine de vie et de sensibilité, qui parle au cœur sans le fatiguer".

"Je passais mes journées à errer d’un bout à l’autre de l’île, à m’asseoir tantôt sous les saules au bord de l’eau, tantôt sur l’herbe au sommet des petites collines, à contempler le lac, ses flots, ses îles, ses rives, et, au loin, les montagnes de la Suisse et du Jura. Parfois, je m’allongeais dans une barque, les yeux tournés vers le ciel, me laissant bercer par le mouvement des vagues. Je ne pensais à rien, ou plutôt je me sentais exister avec une douceur qui me suffisait".
Rousseau – Les Rêveries du promeneur solitaire, Cinquième Promenade

Note contemporaine :
Dans un monde où l’on nous demande sans cesse d’optimiser notre temps, de remplir chaque instant de productivité ou de divertissement, Rousseau nous offre une leçon radicale : l’art de ne rien faire. Prendre le bateau pour l’île Saint-Pierre, c’est accepter de décélérer, de laisser son téléphone en mode avion, de poser son appareil photo. Ici, pas besoin de poster sa vie, il s’agit de la vivre, simplement.

L’île devient une métaphore : un espace où l’on déconnecte pour se reconnecter — à soi, au silence, à la lenteur. Et si, pour une fois, on s’autorisait à ne pas être efficace ? À s’asseoir sur un banc sans but, à regarder l’eau couler, à écouter le vent dans les saules ? La vraie liberté commence quand on cesse de courir.

Programme du jour :

1- Départ de La Neuveville et traversée en bateau
Prends le temps de quitter La Neuveville, revisiter la vieille ville. Le lac de Bienne est souvent calme le matin, idéal pour une contemplation sereine.

Bateau pour l’Île Saint-Pierre : Les bateaux de la BSG relient La Neuveville (dép. 10h20) à l’île Saint-Pierre/St.-Peterinsel Nord (trajet d’environ 15-20 minutes). Vérifie les horaires à l’avance (ex. : départ vers 8h ou 9h pour éviter la foule).
Ambiance : Profite de la vue sur les montagnes et le lac, déjà décrite par Rousseau dans Les Rêveries du promeneur solitaire.

2- Sur l’Île Saint-Pierre : Immersion rousseauiste
Arrivée à l’île : L’île est petite (1,8 km de long), sans voitures, parfaite pour la flânerie.
Points clés à visiter :
Hôtel Peterinseln : Chambre de Rousseau, où il a séjourné en 1765, écrivant une partie des Confessions. La chambre est préservée comme un musée miniaturisé. À confirmer : la présence de son buste (certaines sources mentionnent une statue ou une plaque commémorative).
Conseil : Demande au personnel s’il existe des visites guidées ou des audios sur Rousseau (en lien avec ton projet d’audios quotidiens).

Végétation et rosesaux : L’île est célèbre pour ses roseraies sauvages et ses saules pleureurs, souvent cités par Rousseau. En mai, les roses devraient être en fleurs.
Parcours suggéré : Suis le sentier qui longe le lac, puis traverse l’île vers le centre pour découvrir les jardins.
Contemplation : Assieds-toi sur un banc face au lac, comme Rousseau le faisait pour méditer. Emporte un carnet pour noter tes impressions, ou écoute un extrait audio des Rêveries (si tu as préparé ton application).

3- Après-midi : Trajet vers Erlach/Cerlier et découverte du château d'Erlach
Marche vers Erlach :
Itinéraire : Marche le long du lac (sentier pédestre bien balisé, ~5 km, plat et ombragé par endroits).
Paysages : Tu longeras des vignobles et des zones humides, avec vue sur les Alpes bernoises.
Baignade :
Spot recommandé : La plage de galets au sud de l’île (côté Erlach), peu fréquentée. L’eau est fraîche mais rafraîchissante après la marche.
Précautions : Pas de surveillant, prévois une serviette et des sandales pour les galets.

Château d'Erlach : Ancienne résidence des évêques de Bâle, le château domine le lac. Rousseau l’a mentionné dans ses écrits pour son cadre idyllique.
Visite : Le château abrite aujourd’hui un restaurant et un musée local. Vérifie les horaires d’ouverture (souvent accessible en après-midi).
Conseil : Monte à la terrasse pour une vue panoramique sur le lac et l’île Saint-Pierre.
Village : Flâne dans les ruelles pavées, arrête-toi dans une auberge pour un repas léger.

Etape 3 : Erlach/Cerlier → Hauterive (Laténium) → Neuchâtel

Cette étape est une invitation à la contemplation. Le long du canal de la Thielle, qui relie les lacs de Bienne et de Neuchâtel, tu marcheras sur les traces d’une nature apaisante, chère à Rousseau. L’eau, symbole de mouvement et de sérénité, t’accompagnera tout au long du parcours.
À Marin, le Laténium te permettra de plonger dans l’histoire archéologique de la région, rappelant la quête de Rousseau pour comprendre l’humanité à travers le temps.